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Checklist de mastering

Tout ce qui sépare un mix validé du master envoyé à votre distributeur, que vous masterisiez vos morceaux vous-même ou avec un ingé son. Le but n’est pas le master le plus fort, mais celui qui garde son impact une fois baissé par les plateformes de streaming.

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Avant de commencer: Préparation

  • Par l’artiste et toutes les personnes concernées. Si le niveau de la voix ou une guitare agressive vous gêne encore, revenez au mix : le mastering agit sur tout le morceau à la fois.

  • WAV ou AIFF, 24 bits ou 32 bits flottants, à la fréquence d’échantillonnage du mix, avec des crêtes entre −6 et −3 dBFS et aucun limiteur sur le bus master.

  • Masterisez un autre jour que le mix, ou confiez le mastering à quelqu’un d’autre. Après des jours sur un morceau, on n’entend plus ses défauts.

  • Deux ou trois titres sortis, dans le même genre, qui sonnent comme ce que vous visez. Vous y comparerez votre master au même volume.

  • Streaming seulement, ou aussi CD et vinyle ? Chacun demande son propre master ou fichier : prévoyez-les maintenant plutôt qu’après validation.

Pendant le mastering: Timbre et dynamique

  • Une fois, du début à la fin, en prenant des notes : ce qui est en trop, ce qui manque, ce qui ne doit pas changer. Ces notes guident chaque décision.

  • Comparez avec le traitement bypassé et le niveau aligné ; la plupart des plugins de mastering ont un bouton pour ça. Sinon le plus fort gagne toujours, et vous gardez les mauvais réglages.

  • Des corrections d’un ou deux dB, sur des bandes larges. S’il faut une forte accentuation ou une coupe étroite, le problème vient du mix : demandez un nouveau mix ou des stems.

  • Un ou deux dB de compression pour souder, pas plus. Le refrain doit toujours frapper plus fort que le couplet.

  • Gardez basse et kick au centre, et élargissez avec prudence : ce que vous poussez sur les côtés se perd en mono et sur les appareils à un seul haut-parleur.

  • Poussez-le jusqu’à l’entendre pomper ou distordre, puis revenez en arrière. En streaming, plus fort n’est pas plus fort pour l’auditeur : par défaut, Spotify baisse de 6 dB un master à −8 LUFS, avec le punch qu’il a perdu pour y arriver. Source : Spotify for Artists

Avant l’export: Vérifications techniques

  • Sur tout le morceau, avec un loudness meter. Spotify lit les morceaux à −14 LUFS par défaut et Apple Music autour de −16 LUFS : inutile de viser exactement ces valeurs, mais un master beaucoup plus fort sera simplement baissé.

  • Mesuré avec un indicateur de true peak : des crêtes entre les échantillons peuvent distordre une fois le morceau encodé pour le streaming. Spotify recommande −2 dBTP pour les masters plus forts que −14 LUFS. Source : Spotify for Artists

  • Écoutez le master encodé en AAC ou en MP3, comme l’entendront la plupart des auditeurs. Les outils gratuits d’Apple afclip et AURoundTripAAC, inclus dans macOS, révèlent la saturation causée par l’encodage. Source : Apple Digital Masters

  • Un corrélateur de phase qui reste surtout positif, et une écoute en mono où voix, caisse claire et basse tiennent.

  • Téléphone, écouteurs, voiture, ordinateur portable, à faible et à fort volume : l’équilibre doit tenir partout, et le grave rester maîtrisé sur de grandes enceintes.

  • Du début à la fin, sans rien faire d’autre : clics, distorsion numérique, bruit dans le fondu, queue de reverb coupée.

  • Aucun clic sur la première note, un court silence avant, et un fondu de fin qui atteint le vrai silence au lieu de couper la queue.

Livraison: Exports et validation

  • En WAV, 24 bits à 44,1 kHz ou plus, selon ce que demande votre distributeur. Pour réduire la résolution, par exemple en 16 bits pour un CD, appliquez le dither une seule fois, en toute dernière étape.

  • Pour un CD, une image DDP avec l’ordre des morceaux, les blancs, les codes ISRC et le CD-Text. Pour un vinyle, un master à part, moins limité, aux sifflantes maîtrisées et au grave centré, préparé avec l’ingé de gravure.

  • Instrumentale, « clean », a cappella, masterisées avec les mêmes réglages que la version principale pour pouvoir passer de l’une à l’autre dans un montage ou une synchro.

  • Artiste – Titre – Master.wav pour le fichier final, les versions précédentes dans un dossier à part : personne n’envoie le mauvais master.

  • Par l’artiste, sur ses systèmes d’écoute habituels, après une pause. Notez chaque demande de correction avec le moment du morceau auquel elle se rapporte.

  • Fichiers finaux, premaster et session ou preset de mastering, sauvegardés à deux endroits. Un vinyle, un remix ou un remaster partira de là.

Envie d’aller plus loin ?

Cette checklist ne couvre qu’une étape. Trackboard suit vos morceaux à chacune d’elles : chaque morceau a sa propre checklist de mastering, mais aussi d'arrangements, de mastering, de distribution etc. Testez-le sur vos propres projets.

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